Quand on commence à entraîner, on a souvent envie de bien faire et de montrer que l’on maîtrise son sujet. Du coup, chaque passe approximative, chaque mauvais contrôle, chaque placement douteux devient une occasion d’intervenir. On arrête le jeu, on replace les joueurs, on ajoute une consigne. Sur le papier, l’idée est logique : plus on corrige, plus l’équipe devrait progresser. Mais sur le terrain, ce réflexe de tout corriger, tout de suite, peut rapidement devenir contre‑productif, surtout avec les enfants.
1. Pourquoi arrêter le jeu tout le temps pose problème
Le premier problème, c’est que le rythme de la séance est constamment cassé. Les joueurs passent plus de temps à écouter qu’à jouer, alors qu’ils apprennent d’abord en répétant des situations de jeu et en touchant souvent le ballon. Les arrêts trop fréquents font baisser l’intensité, la concentration et le plaisir. À force d’entendre « stop » toutes les trente secondes, les enfants finissent par décrocher, regarder ailleurs ou discuter entre eux pendant les explications. Sans le vouloir, le coach envoie aussi un message négatif : chaque action semble être une erreur à corriger. Sur la durée, cela peut entamer la confiance, réduire la prise d’initiative et rendre les joueurs « dépendants » de la voix du coach pour agir.
2. Laisser jouer… mais pas n’importe comment
Pourtant, l’idée n’est pas de ne rien dire ni de laisser faire n’importe quoi. Le rôle du coach, c’est d’aider les joueurs à progresser, mais au bon moment et de la bonne manière. Une bonne habitude consiste à laisser vivre le jeu pendant quelques minutes, puis à intervenir brièvement avec une ou deux idées maximum. Avant de lancer un exercice, il est utile de choisir un objectif principal (par exemple la qualité de la première touche, ou l’orientation du corps) et de concentrer ses corrections uniquement là‑dessus. Les consignes doivent être simples, courtes, adaptées à l’âge, et si possible accompagnées d’une rapide démonstration plutôt que d’un long discours. On peut aussi corriger « en douceur », sans arrêter tout le monde : souffler un conseil à un joueur pendant l’action, profiter d’un temps de pause pour revenir sur une situation, ou poser une question (« Qu’est‑ce que tu aurais pu faire d’autre ici ? ») plutôt que donner une solution toute faite.
3. Comment corriger sans tout couper
À la fin d’une séance, un jeune joueur ne se souvient pas de toutes les consignes techniques, mais il se rappelle surtout s’il a touché souvent le ballon, s’il a eu le droit d’essayer, de rater, puis de réessayer, et si son coach l’a encouragé ou seulement repris. L’erreur n°1 du coach débutant n’est donc pas de corriger, mais de vouloir tout corriger tout de suite. En apprenant à choisir ses interventions, à laisser plus de place au jeu et à valoriser l’effort autant que le résultat, on crée un environnement où les enfants progressent vraiment… et prennent plaisir à revenir à l’entraînement.
4. Le bon réflexe du coach débutant
Un bon coach débutant n’est pas celui qui corrige tout tout de suite, mais celui qui sait choisir le bon moment pour intervenir et qui laisse suffisamment de liberté pour que les joueurs apprennent en jouant.
